Je suis passablement perplexe à la lecture de l'article " Facebook, un succès fragile" dans les Echos du 12 Octobre.
Perplexe en lisant la reprise de cette citation anonyme * : « Facebook est un peu vis-à-vis de MySpace ce que Prada est par rapport à Zara », dont on ne sait si elle compare des indicateurs microéconomiques ou de la valeur de marque ou du volume... ou des goûts personnels.
De manière aussi floue, si je devais comparer Prada à un réseau social, ce serait plutôt Asmallworld.com.
Perplexe parce que dans les calculs de valorisation il n'est évoqué que des visiteurs uniques alors que la valeur pour un réseau social se situe dans la "Consumer Network Value" (Valeur Réseau du Consommateur), c'est-à-dire dans la réputation de chaque profil et la valeur de la liaison qu'il établit avec les autres profils.
L'organisation en hubs des réseaux sociaux a d'ailleurs pour objectif de "clusteriser" l'offre, de rattacher des individus non seulement à ce qu'ils sont et possèdent mais aussi aux modalités suivant lesquelles ils se rencontrent, communiquent entre eux et se recommandent les uns aux autres.
Nicholas Carr a rendu compte au mois de mars dernier d'un article mettant en relief cette valeur réseau. La littérature universitaire sur la mesure des phénomènes dans les réseaux sociaux est en outre abondante... (ici, par exemple ;) ) il est dommage que l'auteur de l'article en question n'ait pas précisément cherché à nuancer son propos.
* Ledit article a fait réagir un peu plus violemment ailleurs. C'est en cherchant l'auteur de cette citation abrupte (Henri de Bodinat, donc) que j'ai découvert la réaction de Jean-Marie Leary d'Adscriptum ;)



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