Tout le monde a son petit mot ou sa cover à faire sur Facebook. Facebook fait vendre. Donc j'y vais du mien, mais que l'on se rassure, je ne vais pas m'étendre (peut-être me vautrer mais c'est un autre débat).
Ce qui vaut ce billet, ce sont les papiers parus cette semaine dans la presse au sujet des réseaux sociaux (sûrement une bulle) et les incantations autour des "risques" d'un network effect. Hé oui. L'Express d'expliquer que "les internautes sont volages" et quils "aiment l'intimité". Et derechef de s'interroger sur l'intérêt qu'il y aurait de "rester dans un réseau où l'on peut compter 5000, voire 10 000 amis".
The Economist de cette semaine nous rappelle de manière identique que "the value of a
social network is defined not only by who's on it, but by who's
excluded" (et donc "social networks lose value once they go beyond a certain size")
Sur les comportements tout d'abord : les internautes sont des humains comme les autres : la structure de la population online approche lentement de celle de la population 'réelle". Ils sont infidèles si les promesses ne sont pas tenues, si la qualité de service se délite. Or, Facebook, aujourd'hui est une marque. Et cette marque apporte des services, de la convivialité, de la confiance. Elle permet de s'ouvrir aux autres tout en faisant respecter la quiétude de chacun. Si Facebook réussit, c'est d'abord en tant que marque. Et en celà, la barrière élevée à la sortie est déjà très haute.
Sur les aspects quantitatifs ensuite : Facebook permet, non de se "faire des amis", mais de relier au quotidien des connaissances déjà établies. On ne "se fait" pas 10 000 amis, à l'instar de MySpace dont la vocation est toute autre : les hubs permettent de fréquenter des communautés spécifiques d'une dizaine à un bon millier de membres, qui n'aspirent pas tous à la célébrité, mais à développer des réflexions collectives (Les 4P sont-ils toujours pertinents ? ), proposer des activités, etc. : groupes d'un soir ou de vastes projets, cellules de réflexion ou assemblées de potaches.
Etre à Paris ne vous oblige pas à sympathiser avec tous les parisiens, ni à embrasser toutes leurs causes. Et de tous les Parisiens, pas un qui n'ait une raison intime ou un désir intense de vivre là. Ce qui ne signifie pas qu'il y ait d'autres villes à habiter, selon les goûts, les moyens et le style de chacun.
Le fait est que Facebook n'est pas UN réseau social, mais une structure dans laquelle peuvent croître, sous une même marque, une multitude de réseaux sociaux. C'est la démarche inverse, par exemple, de Ning.com, qui commence par susciter la création de myriades de réseaux/communautés, qui pouront par le suite se relier les uns aux autres de manière transverse, sous son égide.
Je ne vois guère de raison de penser que Facebook pourrait s'effondrer sous son propre poids. Il se pourrait même que ce soit lui qui finisse par porter tout le poids du consumer generated content, des fils d'actualités, de l"hébergement photo, pour devenir le portail d'accès personnalisé de tout internaute.J'attends pour ma part l'application qui me permettra de partager ma page Netvibes dans mon profil.
Le vrai problème est connu : c'est celui de la fatigue du réseau. Un long moment addictives, les pratiques de publication et de mises à jour, de gestion des contacts vont en régressant, parce qu'elles sont terriblement consommatrices de temps. On a pu déjà le vérifier avec les blogs.
Maintenant reste une autre sujet : est-ce un bon modèle économique ? Pour l'instant, pas un mot sur les effets de réseau des individus. On parle toujours de "vendre des profils", suivant le modèle classique. Et rien ne dit que la publicité dans les réseaux sociaux ressemblera a terme à ce que nous connaissons, ni en termes de conception, ni en termes de mesure...
Liens utiles :
Socialsynergyweb.net
Profil de la population connectée en France en 2006
Le test de création de réseau social que j'effectue via Ning.com. Je vous invite à jouer au lego avec moi :)