"Les membres les plus actifs des réseaux sociaux en ligne
seraient (...) plus nombreux à visiter des sites commerciaux liés
aux loisirs, aux Etats-Unis. L'habillement en ligne et la mode seraient
particulièrement appréciés."
La synthèse de l'étude ComSore commentée par l'Atelier rappelle aussi le phénomène déjà observé d'une plus grande efficacité de la publicité en ligne auprès des gros contributeurs aux réseaux sociaux. Une efficacité particulère pour les offres de produits de loisirs, de luxe etc.
'"Internet est un moyen efficace de se construire une identité de marque et de développer les ventes en magasin", conclut un commentateur de l'étude.
Or, si la mode, la technologie et l'"entertainment" sont LES sujets de conversations dominants on-line, ils sont aussi ceux qui assurent une grosse partie des contenus des médias grand public traditionnels.
Alors, qui écouter, qui entendre, avec qui parler lorsqu'il s'agit du prochain must-have ?
Rodés au multi-tasking, c'est sans souci (et sans établir de ligne bien claire entre les deux) que nous porterons à l'occasion notre attention aux MSM ou aux médias sociaux, selon notre disponibilité et la réputation de chacun dans le domaine en question.
Loin du radicalisme de "We, The Media",
qui annonçait la mort des media traditionnels et la "victoire" du journalisme citoyen, la ligne qui semble
désormais se dessiner est celle de deux systèmes co-producteurs/co-diffuseurs.
La complémentarités entre médias sociaux et MSM (en matière de marketing, de création et de distribution d'information), a d'ores et déjà pour effets un enrichissement des concepts d'audience (marketing comportemental et engagement), d'attention (anciennement "occasion de voir") et plus généralement des modalités de segmentation des marchés de l'information (vers le "segment of one" ?).
L"évolution côté réseaux sociaux, si les volumes de profils et leur (auto-)organisation en hubs permettent de parvenir pour l'heure à un traitement plutôt traditionnel de l'achat d'espace (en cpm sur des audiences-types, ce qui a ses limites*), on ne voit pas encore (que je sache) de modèle de monétisation fondé sur la valeur réseau des participants aux réseaux, qui est une des terres promises du marketing : passer du coût pour 1000 au coût pour 1 / coût pour n+1 ;)
L'évolution côté médias a été décrite lors de la conférence ABM Digital Velocity 2007: Executing New Content Strategies : aujourd'hui, le journal en ligne est pourvu de ressources éditoriales considérablement enrichies : des galeries d'images, des diaporamas, des bandes sonores, des remises en contexte infographiques modifiables à tout moment, des cartes interactives, l'ensemble permettant aux sites de presse de se distinguer à la fois comme sources de contenus factuels et comme outils que chacun peut comprendre et manipuler, faisant de l'information, faits et événements, un ensemble accessible de manière intensive et divertissante ("an absorbing and
entertaining way"). L'exemple de Geo, déjà signalé ici en est une parfaite illustration.
Ces quelques traits ne déterminent en rien la manière dont les rôles seront pris et la façon dont ces ressources seront employées par les annonceurs et leurs agences. C'est le work in progress du moment : "Beaucoup à digéer donc, avec la question de savoir si tout cela ne va
pas un trop vite pour les consommateurs (...) de tous
les jours et aussi ... pour la plupart des agences." (J. François)
Après les explorations et les hybridations (la presse qui fait des blogs qui font de la radio qui fait de la TV), la vague de "widgetisation"
des interfaces que les sites de médias classiques intègrent vite vite
vite,(quitte à donner l'esthétique de modules personnalisables à de vieux services)
au risque de perdre l'attention des audiences dans des méandres
hypertextuels. C'est le temps de la déconstruction des médias et du
questionnement de leur identité.
Alors, un média peut-il être un réseau social ? Question à laquelle des réponses ont été apportées au mois de mars 2007, alors que USA Today se plantait ave son interface "2.0"... Pour ma part, je vois les mobiles seuls à pouvoir prétendre actuellement aux deux couronnes de "média" et de "réseau social", tant il augmente les fonctions de chacun.
L'évolution quotidienne des modes de
présentation et de traitement de l'information, à la fois en ligne, en
TV ou en radio entraîne une transmutation du journaliste : animateur de
contenu, modérateur et médiateur des échanges autour de ses colonnes,
plus ou moins engagé, mais aussi
critique et distancié pour ne pas qu'une audience en chasse une autre,
ludique et analytique, factuel et émotionnel.
Alors, la TV interactive over IP finira t-elle par unifier ces grands
ensembles, comme paraissent vouloir le promettre Joost, Microsoft ou
Apple ?
Hypothèse soulevée sans y croire vraiment : le marketing des contenus (ou programming) s'organise de plus en plus dans des dispositifs
transmédia, distribuant des histoires (faits, concepts publicitaires,
fictions etc) cohérentes et pourtant
multifacettes, dont les contenus sont synchronisés (en terme de type,
de temporalité, d'interativité etc) aux modes d'accès et aux usages des
communautés en ligne sera le grand vainqueur de la synergie entre
médias sociaux et mainstream media.
Alors, enfin, il y a aussi ce besoin urgent de nommer : Web 2.0, Médias 3.0 etc.
J'ai juste un petit à propos à ce sujet : les native americans ont été nommés "Indiens" par des explorateurs qui ne savaient pas sur quel continent ils débarquaient, et qui les ont désigné selon leur connaissance du monde... ;)
"En raison de la forte pressions que subissent les réseaux sociaux, et
les faibles CPM, ceux-ci sont envahis de pub sur toutes leurs pages.
C’est complètement contre-productif." Interactivebiz.net.
NB pour finir : le titre de ce post m'a été inspiré par un phénomène qui, lui aussi, à trait à la convergence et à la divergence...